Colloque de la mode

Le 25 et 26 février 2014 dans le Grand Amphi de l’Université Lumière Lyon 2 s’est tenu le colloque    « Se vêtir, se nourrir…question(s) de mode(s) » organisé par l’Université de la Mode.

Chercheurs, universitaires, scientifiques, économistes, sociologues, historiens, anthropologues, professionnels de la mode, de la gastronomie ou encore du design nous ont offert une présentation de leurs recherches. Deux journées  ou la gastronomie et la mode se sont mêlées, différenciées, permettant un réel échange entre professionnels et universitaires.

JOUR 1 : Se vêtir, se nourrir / pratiques de consommateurs :

Farid Chenoune, historien de la mode, à ouvert la réflexion en proposant une appellation commune et émergente au domaine de la cuisine et de la mode. Selon lui, il ne s’agit plus de parler d’un  créateur, terme devenu obsolète, mais bien d’un auteur.  Ce dernier possède un  savoir-faire singulier, il s’autorise à crée en son propre nom. Ainsi, il prend pour exemple le cas de Chanel et Lagerfeld où Madame serait l’auteur d’un scénario et Monsieur l’interprète de celui-ci.

L’historien à également  souligné la transformation des rythmes de consommation et  de production dû notamment à la démocratie de la parole sur internet, nouvel espace de concurrence. On assiste à une résurgence du côté des consommateurs vu comme un collectionneur, un amateur qui se plonge dans une expérience, une sorte d’aristocrate des consommateurs.

Le premier axe de ce colloque s’est articulé sur les questions de consommation à travers une approche sur les manifestations du goût aujourd’hui, dans le cinéma et les séries télévisées. La parole s’est ensuite ouverte sur les questions de mondialisation.

Laurent Aron, Professeur associé dans un labo de créativité Culinaire, nous a démontré par la présentation de sa propre pyramide de Maslow, la dimension extrêmement subjective lorsque l’on explore le goût. Il s’agit de passer des sensations aux représentations. Il a également noté l’objet commun que réunissent la gastronomie et la mode, à savoir : le corps.  « Ce corps que l’on doit à la fois nourrir et vêtir » nous dit Farid Chenoune.  Laura Guérin, Doctorante en sociologie, elle, nous précise que « l’on incorpore ce que l’on mange mais que l’on incorpore également ce que l’on porte ».

Nicole Foucher, Maître de Conférences, Université Lyon 2,  nous a donné à voir l’importance du repas dans le cinéma et ceux depuis le catalogue des Frères Lumières. Nous avons ensuite eu la vision d’Elodie Chazalon, Maître de Conférences, Université de la Rochelle, avec la série Sex and the City. Cette série joue avec les stéréotypes, l’alimentation fait le lien entre éthique et esthétique. Les habitus alimentaires sont, à l’instar des choix vestimentaires, des indicateurs sociaux.

Quant à Sabrina Pélissier et Caroline Bianzina du cabinet Martine Leherpeur Conseil, elles nous ont informées de l’émergence d’une nouvelle génération web qui bouscule les codes. Elle influence les modes de vie et les modes de consommation de leurs contemporains. Ainsi les termes de digital native (33 ans, vie avec le numérique),  digital immigrant (30 à 50 ans, déjà un geek qui s‘adapte) et digital touriste (50 à 77 ans, se sert du web pour des recherches précises) portent désormais en eux les repères d’une économie en train de se réinventer.

Suite à cette matinée de réflexion, la seconde partie de la journée s’est tournée vers une discussion autour de la  mondialisation.  La lecture de Ryoko Sekiguchi par Sylvie Marot, consultante, nous a invité à un parcours éclairé entre l’Orient et l’Occident, qui du haïku à l’artisanat de l’astringent du kaki, nous introduit à l’étonnante richesse d’un « goût » tant esthétique que gustatif. L’accent est mis sur la pluridisciplinarité des définitions plus complexes du mot « astringent » au Japon qu’en France. Sylvain Farge, Maître de Conférences, Université Lyon 2, a poursuivi  cette idée de différenciation entre les pays par une étude linguistique constructive du Français et de l’Allemand. Sa présentation insiste sur la fonction sociale et distinctive du Français lorsque l’Allemand se base davantage sur la description.

Cette belle journée, s’est terminée par une table ronde animée par Martine Villelongue, directrice de l’Université de la Mode entre  Hélène Samuel pour « Spoonfool », Fabien Rouillard pour «Fauchon » et Eduardo Dente, designer indépendant. Les regards croisés de ces experts ont complété la réflexion, de part la singularité de leur parcours.

Une rencontre enrichissante que Martine Villelongue a clôturé sur une phrase forte de signification : «  La mode c’est de la culture, la mode c’est de la communication et si la mode c’est de la cuisine, c’est encore mieux ! »

Marème

© Elisa Bouchon-Canque

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